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 Think-Out  2008-08-27 23:06:00 Bookmark and Share


De l’avenir de la presse quotidienne française
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Crédits : IgorzoidFrédéric Filloux, ancien directeur de la rédaction de Libération et de 20 minutes, livre ici et ici une vision pertinente et sans détour sur la situation de la presse quotidienne française, ainsi que sur son possible avenir. En voici un extrait, en version française grâce aux bons soins de Narvic :

1. Le « one-media » est mort « Lorsque la vitesse est la clé, le papier est mort », L’information « chaude », la « dernière heure », etc., appartiennent désormais à la radio, au site web et au web mobile. La survie d’un journal tient à sa capacité à répartir avec souplesse les ressources entre le papier et l’électronique.

2. Le journal quotidien est mort On imprime plus 365 jours par an : le lecteur n’est pas intéressé (et les publicitaires non plus !). Une fois admis le principe d’une « publication en pointillé », un « modèle durable » serait de 3 ou 4 publications par semaine… Du moment que l’information est disponible sur un média, sous le contrôle de la même équipe rédactionnelle, une analyse de fond peut bien attendre un jour ou deux. Du point de vue des coûts, ce modèle fait une énorme différence.

3. L’équation du prix : payant ou gratuit ? Je choisis le gratuit.

  • La plupart des journaux sont en réalité déjà gratuits, et la publicité fournit la majorité des recettes. « Les lecteurs prêts à payer pour soutenir leur journal ? C’est largement une illusion (la France est une exception : la presse y est chère, élitiste et moribonde…). »
  • « Ensuite, la »génération X« , qu’on le veuille ou non, ne voit pas l’information autrement que gratuite. »
  • Enfin, les techniques de ciblage de l’audience sont aujourd’hui sophistiquées et précises et permettent s’assurer une très bonne distribution pour un journal gratuit sophistiqué (il y a une alternative au modèle gratuit : le prix très bas, qui permet une meilleure mesure du lectorat et évite que le papier soit jeté au bout de 30 secondes).

4. Un modèle de vente plus sophistiqué : avec une tarification dynamique des prix de la publicité pour l’annonceur (s’inspirer des pratiques des compagnies aériennes, faire le contraire de ce qui se pratique aujourd’hui).

5. Révolutionner la production : Le journal grand format sur du papier de mauvaise qualité, c’est terminé.

  • La recette d’aujourd’hui : petit format, pas plus de 40 pages, qui ne dégorge pas son encre, collé ou agrafé, avec une bonne qualité d’impression justifiant le prix demandé aux annonceurs. Ça marche : vous n’avez qu’à voir 20minutes en France.
  • Ça signifie aussi « la fin des imprimeries-cathédrales contrôlées par le syndicat du Livre ». Les petites structures sont essentielles et il y a des formules plus souples que la propriété directe des imprimeries.

6. Aplatir la structure de l’encadrement : Le plus plat possible ! Trois ou quatre niveaux de hiérarchie, pas plus, pas dix ou douze.

- Ça veut dire aussi externaliser tout ce qui n’est pas une compétence de base, y compris les journalistes. Compétences de base : ce qui définit l’identité et l’orientation d’un journal, la couverture nationale et internationale, l’économie et la culture. Les sports, la consommation, la science, la mode, les voyages : sous-traitance par contrat ou sur demande.

  • « Moins de personnes dans une rédaction de base, une chaîne de commandement courte, et un donc un métabolisme beaucoup plus sain. Pas de place pour se cacher, patrons inclus. »
  • « La sous-traitance comprend l’appel à des experts extérieurs. L’expérience montre que bien des articles seraient grandement améliorés par l’apport d’experts techniques (dans les domaines juridique ou économique, par exemple). »
  • Par ailleurs, « les écrivains-stars », qui vont améliorer votre visibilité sont très rares, il faut les payer ce qu’ils valent (« il faut tuer l’idée du journalisme low-cost. Vous feriez confiance à un neurochirurgien low-cost ? »).

7. Tester et apprendre. Le succès réside dans la capacité à se métamorphoser et s’adapter en réponse au changement (« Comme tout produit, un journal a un besoin constant d’ajustements. »).

Voilà donc le modèle de « DIS (Daily information system) » selon Frédéric Filloux. Et c’est pas « une option » pour les journaux… c’est la condition de leur survie.

Que pensez-vous de ces préconisations ?



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Taggé : Frédéric Filloux presse écrite

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